L’arrestation de la journaliste Hajar Raissouni pour “avortement illégal”

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Hajar Raissouni, journaliste au quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum a été arrêtée samedi et présentée devant un tribunal en état de détention provisoire au motif de « relations sexuelles hors mariage » et « avortement ». Détails. 

Hajar Raissouni, une jeune femme de 28 ans, journaliste au quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum, a été arrêtée le 31 août à proximité d’une clinique de Rabat, à l’Agdal. Maintenue en détention provisoire après avoir été présentée devant le procureur du roi le 2 septembre, la journaliste serait suspectée de “relations sexuelles illégales ayant entraîné une grossesse” et “un avortement illégal”.

Dans cette même affaire, quatre autres personnes ont été interpellées: le fiancé de Hajar, qui l’accompagnait au moment de l’interpellation, le médecin gynécologue (suspecté d’avoir effectué l’avortement), son adjoint et sa secrétaire.  

Selon Al Yaoum 24, média en ligne appartenant à Akhbar Al Yaoum, le médecin conteste tout acte d’avortement et déclare devant le juge que la journaliste a été victime d’une hémorragie nécessitant une opération immédiate. L’avocat Saâd Sahli qui assure la défense de Raissouni s’est insurgé contre cette arrestation menée à l’extérieur des locaux de la clinique par des policiers en civil. Il ajoute qu’il ne s’agit pas d’un acte d’avortement illégal mais plutôt d’un acte chirurgical réalisé par son médecin traitant.

En outre, selon les dires du média en ligne (Al Yaoum 24), l’avocat qui n’a pu accéder au dossier d’accusation qu’après les 48 heures de garde à vue de sa cliente, affirme que celle-ci a été « stupéfaite par les chefs d’accusation » portés à son encontre.

Hajar Raissouni a notamment déclaré au tribunal être mariée religieusement à son fiancé, un professeur universitaire de nationalité soudanaise, et attendre des documents de l’ambassade du Soudan pour officialiser l’union qui devait avoir lieu le 14 septembre prochain. 

Il faut savoir que l’avortement au Maroc est puni par la loi: “une Interruption volontaire de grossesse (IVG) est passible de six mois à cinq ans de prison”. Le texte de loi punit non seulement la femme qui a avorté–celle-ci risque de 6 mois à deux ans de prison, mais aussi ceux qui ont pratiqué cet acte, qui peuvent, quant à eux, se retrouver en prison pour une durée de 1 à 5 années.

Parmi les personnes qui ont défendu ardemment l’interdiction de l’avortement au Maroc en 2015, on retrouve l’oncle de Hajar Raissouni, Ahmed Raissouni,  actuel président de l’Union mondiale des Oulémas, et ancien dirigeant du Mouvement Unicité et Réforme (MUR), le bras idéologique de l’islamiste Parti de la Justice et du Développement, aujourd’hui aux commandes de la coalition gouvernementale. Se retrouvant aujourd’hui dans une situation critique, M. Raissouni déclare à Al Yaoum 24 : “Pour réconforter ma fille Hajar, je lui rappelle que moi aussi, j’ai été arrêté deux semaines avant mon mariage à l’été 1976, puis je suis sorti sans suivi ni accusation”. 


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